Poesía Sin Fin

Poesía Sin Fin évoque l’adolescence d’Alejandro Jodorowsky jusqu’à sa période de jeune adulte. Désorienté par son père qui refuse qu’il devienne un poète, un « pédé » comme tous les autres artistes, il souhaite le destiner à la médecine. Alejandro fuit le nid familial et grandit dans une maison d’artiste où il peut enfin vivre de sa passion.

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Poesía Sin Fin se présente comme la suite de La Danza de la realidad (2013), inscrit dans la continuité de ce premier biopic porté sur son enfance. Baignant dans le burlesque, sa mère cantatrice chante chacune de ses paroles, son cousin homosexuel lui avoue son amour, non réciproque, son père le pousse à faire des études de médecine et insulte à tout va les artistes de « pédé ». Au milieu de toute cette agitation, Alejandro poursuit son rêve et les obstacles ne sont pas un problème pour lui, au sens propre du terme : lorsqu’il rencontre un autre poète qu’il admire, Enrique, ils se lancent le pari fou de traverser la ville en ligne droite et de gravir les obstacles si il le faut. C’est ce genre de belle idée qui rend le film si splendide, chacune toujours plus lyrique, où nous nous embarquons dans ces folles lubies qui prennent vie avec tant d’enthousiasme et de beauté.

Cette passion délibérée ne serait rien sans ses personnages aux profils loufoques : la poétesse Stella Diaz aux seins dorés et à la chevelure rouge éclatante qui devient la muse d’Alejandro, avec lequel elle se balade en lui tenant non pas la main mais les couilles. (Oui oui, littéralement.) La troupe d’artistes, peintre, danseuse, acrobate, poètes, chacun apporte son adoration bouillonnante à son art. Le travail sur les décors et les costumes est hallucinant, chaque scène est un tableau où la justesse des couleurs et des formes est sidérante. Les répliques ont elles aussi une grande place dans ce film, beaucoup d’entre elles restent longtemps en tête, pour leur beauté, tout simplement.

Ce sont ses deux fils, Adan & Brontis, qui jouent le rôle du père et du fils, drôle de situation qui n’affecte en rien la crédibilité du film, leurs jeux sont excellents. Pamela Flores joue la mère cantatrice et fragile mais également l’intimidante Stella, presque méconnaissable.

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Poesía Sin Fin, c’est la quintessence de l’art, de la poésie, du cinéma. Malgré une dernière demi-heure un peu longue et irrégulière, Jodorowsky réalise un chef-d’oeuvre, bien plus abouti et puissant que de jeunes nouveaux cinéastes. L’attente du troisième violet va nous sembler interminable, mais l’empressement est trop grand pour voir ce qui va suivre : le départ du poète du Chili pour Paris, à la recherche d’André Breton et de ses surréalistes…

Bande annonce

Je ne peux que vous conseiller la bande-annonce, qui m’a énormément donné envie de voir le film. Pourtant anti-bande-annonce, celle-ci est très bien faite, le choix des images illustre parfaitement l’esthétique générale du film et de son univers sans nous gâcher toutes ses surprises…

Réalisé par : Alejandro Jodorowsky – avec Adan, Brontis & Alejandro Jodorowsky, Pamela Flores

Date de sortie : 5 octobre 2016

Chili – France – 2h08

2 réflexions sur “Poesía Sin Fin

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