Silence

XVIIème siècle : père Sebastiao Rodrigues et père Francisco Garupe se rendent au Japon, à la recherche de leur mentor père Ferreira dont ils sont sans nouvelles : sur place, ils prennent conscience de la persécution que subit le christianisme…

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Il aura fallu 30 ans pour que Silence aboutisse. Adapté du roman écrit en 1966 par Shūsaku Endō, c’est le troisième film de Scorsese qui porte sur la religion après La dernière tentation du Christ (1988) et Kundun (1997).

Si il y a bien une chose d’incontestable dans Silence, c’est bien sa photographie : les scènes d’extérieures sont magnifiques, ce contraste entre des couleurs si claires et sombres donnent une ambiance inédite, intrigante et à la fois inquiétante. C’est notamment dans les débuts du film que les plans offrent tant d’épanouissement visuel qui se fait hélas de plus en plus discret. L’intrigue, totalement portée sur l’aspect religieux, pousse les protagonistes à remettre en question leurs fois et leurs croyances : interrogations et limites intéressantes mais qui ne tiennent pas les 2h40 pour diverses raisons. Les métaphores religieuses semblent quelques peu grossières et à plusieurs reprises effleurent le comique de répétition, ce qui ne semble être le contraire du résultat voulu. Au niveau du casting, Andrew Garfield, Adam Driver et Liam Neeson décrédibilisent totalement l’histoire : trois portugais joués par des américains bankable, était-ce nécessaire ?  Si à la base les trois acteurs pressentis étaient Daniel Day-Lewis, Gael Garcia Bernal et Benicio Del Toro (choix discutables mais déjà plus logiques), ce casting final ne serait pas une facilité ? Si la perte de poids d’Adam Driver est notable, l’acteur nous prouve une nouvelle fois que son jeu est totalement désincarné, vidé d’émotion. Au contraire, le casting japonais est une réussite : Yôsuke Kubozuka (Tokyo Tribe) est une révélation, son personnage fourbe nous inspire tant la pitié que la colère, mais aussi Tadanobu Asano ou Yoshi Oida, brillants, qui incarnent leurs personnages avec perfection. Autre angoisse : la banalité des dialogues est assommante : 2h40 de vide que Scorsese a tenté (en vain) de remplir.

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Quoi de plus frustrant qu’un bon film raté ? Peut-être trop poussé dans la représentation du christianisme, Silence est une baverie naïve et sans fin. Au fond intéressant, la forme ne suit pas et décrédibilise la pensée du film. L’absence totale de musique est cependant intéressante et laisse matière à réfléchir sur le titre du film et son message.

Bande annonce

Réalisé par : Martin Scorsese – avec Andrew Garfield, Adam Driver, Liam Neeson

Date de sortie : 8 février 2017

Etats-Unis – Japon – 2h41

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