Chez Nous

Pauline est infirmière à domicile : jeune femme dévouée, elle s’élève seule de ses deux enfants et est appréciée par ses patients. Les dirigeants d’un parti extrémiste de droite la remarquent et lui proposent d’endosser le rôle de candidate aux élections municipales.

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Trois ans après « Pas son genre« , le réalisateur belge Lucas Belvaux sort son nouveau film, Chez Nous. Avant-même sa sortie, le film avait attiré la foudre du FN sans avoir été vu ; le parti extrémiste est clairement montré du doigt et représenté dans ce film, même si il n’est jamais nommé comme tel.

Le personnage de Pauline représente la naïveté incarnée : serviable, généreuse… Mais loin d’être engagée, le film va pourtant témoigner de sa manipulation. Son personnage n’a jamais d’avis, à toutes les questions qu’on lui pose elle répond bêtement « Je ne sais pas.« , le sourire aux lèvres. Elle est la première à rappeler à ses patients que nous sommes au XXIème siècle et qu’il faut évoluer et pourtant, après seulement quelques échanges elle est convaincue que ce parti extrême est la solution, jusqu’à en renier ses amis et sa famille en un rien de temps. Du côté des personnages politiques, mielleux à souhait, évoluent dans une hypocrisie grotesque et assumée. S’ajoute à l’intrigue une histoire d’amour qui créera des divisions entre Pauline et le parti… Dans sa volonté de mêler fiction et réalité, Lucas Belvaux ne sait plus sur quoi se focaliser et créer un pêle-mêle  confus : bien qu’interprété de façon juste, le personnage de Pauline est détestable pour sa naïveté et son manque de parti pris, pourtant contradictoire avec sa façon de vivre. Le film évolue dans une absence totale de subtilité, tant par les approches grossières des différents personnages que les échanges « violents » stéréotypés : dialogues creux, protagonistes qui reposent sur des clichés faciles agaçants… La tentative de faire évoluer un enjeu parallèle à l’aide d’une histoire d’amour est un échec, d’autant plus  quand on ne sait pas comment terminer son film : la fin est clairement ratée, improvisée sur le tas et vide de sens.

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Qui faut-il blâmer ? Les comédiens inégaux ou la direction d’acteurs ? Le scénariste ou le dialoguiste ? Chez Nous se voulait être ouvert d’esprit, il est simplement réducteur et stérile à tout débat. Dans la volonté de dénoncer le FN et ses dirigeants, Lucas Belvaux critique bêtement son sujet sans le traiter en profondeur, laissant un mauvais arrière-goût d’un téléfilm surjoué à la mise en scène trop bornée pour être efficace.

Bande annonce

Réalisé par : Lucas Belvaux – avec Emilie Dequenne, Guillaume Gouix

Date de sortie : 22 février 2017

Belgique – France – 1h58

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