Blindspotting

©Metropolitan FilmExport

« Encore trois jours pour que la liberté conditionnelle de Collin prenne fin. En attendant de retrouver une vie normale, il travaille comme déménageur avec Miles, son meilleur ami, dans un Oakland en pleine mutation. Mais lorsque Collin est témoin d’une terrible bavure policière, c’est un véritable électrochoc pour le jeune homme. Il n’aura alors plus d’autres choix que de se remettre en question pour prendre un nouveau départ. »

Blindspotting2.png©Metropolitan FilmExport

Présenté au Sundance Film Festival en janvier 2018, Blindspotting ne fait pas beaucoup de bruit en France en attendant sa sortie. Pourtant, le long-métrage de Carlos López Estrada nous offre sûrement l’un des meilleurs films de 2018. Pour les scénaristes, qui sont également les deux acteurs principaux, Rafael Casal et Daveed Diggs, c’est un projet qui remonte à plus d’une dizaine d’années et dans lequel leur investissement sans faille se fait ressentir.

Sur fond de dénonciation des violences policières sur les noirs aux États-Unis, Casal et Diggs tissent un scénario des plus ingénieux. Sans tomber dans une simple diatribe de la société, les deux acteurs/scénaristes allient avec talent questions sociétales et prouesse artistique. La première prouesse se trouve dans le texte lui-même. Si la trame du scénario est bien écrite, ce n’est rien comparé au détail des dialogues. En effet, une poésie se dégage des échanges entre les personnages, avec certaines répliques construites comme des vers. Cela donne une musicalité au film et renforce l’intensité des personnages. Il est intéressant de noter que ces passages, qui peuvent s’apparenter à du rap a capella, interviennent à des moments où l’intensité de l’histoire ou des personnages est à son paroxysme. Ce génie des dialogues s’accompagne du talent des deux acteurs, qui ne laissera personne indifférent.

La dénonciation mise en œuvre dans le film est également très intelligemment exécutée. Le film n’est pas un pamphlet, mais bien une œuvre d’art politisée, qui a également beaucoup d’autres choses à offrir. La force de cette dénonciation tient à l’intensité des personnages et de l’histoire — nous en revenons encore à cette histoire d’intensité. En effet, celle-ci nous plonge dans l’histoire et dans cette ville américaine, aux côtés des personnages. On ne peut alors que comprendre ce qu’ils vivent et ce qu’ils ressentent. Personne n’est entièrement bien, ni foncièrement mauvais. Le manichéisme ne fait pas partie de l’écriture de Casal et Diggs, et cela fait du bien.

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Malgré quelques longueurs, le film reste une œuvre à voir absolument en salles le 3 octobre. Son seul obstacle à la perfection est une mauvaise gestion de l’intensité à certains moments. En effet, à plusieurs reprises (deux ou trois), la scène gagne en intensité pour, au final, tout perdre en une seconde, ce qui laisse le spectateur sur sa fin. Pour résumer, l’intensité donne de la force au film, mais constitue aussi un point de faiblesse.

Bande annonce

Réalisé par : Carlos López Estrada – avec Rafael Casal, Daveed Diggs, Janina Javankar

Date de sortie : 3 octobre 2018

Etats-Unis – 1h35

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