After my death

©Les Booksmakers / ©Capricci Films
La disparition soudaine d’une élève d’un lycée pour jeunes filles précipite la communauté scolaire dans le chaos. Famille de la victime, enseignants et élèves cherchent à fuir toute responsabilité, l’image de l’école étant en jeu. Pourtant, sans indice ni corps, on suspecte un suicide. Young-hee, l’une de ses camarades d’école, dernière à l’avoir vue vivante, est suspectée par tout le monde, à commencer par la mère de la victime. Bouc-émissaire idéal, Young-hee va chercher à n’importe quel prix à échapper à la spirale de persécutions qui l’accablent. Mais quel secret, quel pacte peut-elle bien cacher… ?

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©Les Booksmakers / ©Capricci Films

C’est un premier long-métrage pour Kim Ui-Seok, et c’est aussi un premier raté. Récit post-mortem d’une jeune lycéenne supposément suicidée, After my death met en scène une histoire isolée qui pourrait en raconter tant d’autres… En effet, en Corée, le suicide est un fléau ; et visiblement le manque de considération humaine aussi.

Malheureusement, le film peine à faire triompher son discours tant les scènes, plans et dialogues sont longs et manquent à percuter le spectateur sur un sujet qui, pourtant, mérite sa part de lumière. Là où l’esthétique, fade et immobile, conquiert la salle par sa force plombante et sa symbolique dramatique, le scénario la perd par son manque de fluidité et son incapacité à éclaircir son propos. Il est clair que sans certaines clés de compréhension, le réalisateur délaisse son public, désormais paumé entre le suivi judiciaire et la relation lesbienne qui liait la suicidée et sa camarade de classe. After my death veut dénoncer, le problème sociétal du suicide, mais aussi les institutions, scolaires comme d’autorité, dont les préoccupations sont loin d’être humaines. Mais à trop vouloir accuser – et ce n’est pas là tant la faute du réalisateur que du système coréen – , on en perd de vue son mode d’action. Et là, on montre sans percuter, on inculpe sans frapper. À l’écran, des performances d’acteur.rice.s qui valent par ailleurs la peine d’être vues, mais pas de quoi sauver cette chronique mortuaire.

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En somme, un film qui dépeint, critique et pointe du doigt, mais sans taper du poing. Il manque ainsi grandement de mettre à profit le potentiel cinématographique dont il dispose, tant il s’embourbe dans une lenteur lancinante : de quoi perdre en efficacité, au détriment donc, d’un discours de valeur. Dommage.

Réalisé par : Ui-seok Kim – avec Young-hwa Seo, Go Won-Hee, Lee Tae-kyoung

Date de sortie : 21 novembre 2018

Corée du Sud – 1h53

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