Utøya, 22 juillet

©Agnete Brun / Potemkine Films
« Île d’Utøya, Norvège. Le 22 juillet 2011. Dans un camp d‘été organisé par la Ligue des jeunes travaillistes, un homme de 32 ans ouvre le feu. »

Utøya_22_Juillet_Andrea_Berntzen_Agnete_Brun2©Agnete Brun / Potemkine Films

Le 22 juillet 2011, sur l’île d’Utøya en Norvège, un homme ouvre le feu sur des jeunes. Le réalisateur Erik Poppe nous replonge dans cet événement cauchemardesque, à travers un plan séquence ahurissant qui aura marqué le festival de Berlin.

Après une remise en contexte en écriture blanche sur fond noir avec les images d’archives de l’explosion dans le centre ville d’Oslo, peu de temps avant l’attaque de l’île d’Utøya : nous sommes prévenus de la véracité historique que le film va aborder. La protagoniste principale fixe la caméra : « Vous ne comprendrez jamais.« , dit-elle à ses camarades tout en nous regardant, soulignant notre invulnérabilité. Malgré le caractère fictionnel des personnages, ce que nous allons vivre s’est réellement passé et l’on redoute l’attaque qui pourrait surgir à n’importe quel moment. Aux côtés du personnage de Kaja (brillamment interprété par Andrea Berntzen qui délivre sa première performance d’actrice, comme tous les autres acteurs du film), l’on passe très rapidement d’un lieu chaleureux et amical à l’apocalypse : les tirs résonnent comme des coups de poing dans le ventre, tandis que l’incompréhension mêlée à la panique terrorise les jeunes victimes, pour la plupart mineurs. Erik Poppe a fait le choix d’un plan séquence qui se déroule en plan réel, soit aux alentours de 1h30 : un coup de maître technique, saisissant, glaçant, immersif et surtout nécessaire où la tension semble être constamment à son apogée.

14741565_1489113397772589_1843416108_n 14741565_1489113397772589_1843416108_n 14741565_1489113397772589_1843416108_n 14741565_1489113397772589_1843416108_n 14804914_1489113391105923_62631270_n

Utøya, 22 juillet est impressionnant : sa qualité cinématographique fait l’effet d’une claque, le choix du plan séquence semble une évidence. Le grand danger était le voyeurisme, qui n’est pas du tout présent : le hors-champ suffit amplement pour nous terrifier et semble même avoir plus d’impact que sur ce qui nous est donné de voir. Le réalisateur délivre un message fort et assumé face à la montée inquiétante du néofascisme et de l’extrême droite en Europe.
Édifiant et nécessaire, au delà du devoir de mémoire, celui d’agir.

Réalisé par : Erik Poppe – avec Andrea Berntzen, Elli Rhiannon Müller Osbourne, Aleksander Holmen, Brede Fristad…

Date de sortie : 12 décembre 2018

Norvège – 1h33

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s