Simplement nager, simplement filmer

« Premier ouvrage sur le réalisateur Thomas Salvador, Simplement nager, simplement filmer est une conversation sur le cinéma, sur le plaisir de faire des films et de les regarder, sur ce qui se joue à l’écran. Anthony Divad pointe dans ce long entretien plusieurs éléments essentiels dans la pratique du réalisateur, autant dans son film Vincent n’a pas d’écailles(2015) que dans ses courts métrages antérieurs : le rythme et la narration, la simplicité, l’idée de performance, l’engagement du corps. Comment lier les mouvements du corps et les émotions qui le traversent ? Qu’est-ce qui fait corps ? Comment raconter à l’écran nos corps dans l’espace ? Telles sont les interrogations à l’origine de ce vivifiant échange. »

SimplementFilmerSimplementNager©SombresTorrents

Thomas Salvador, ce réalisateur très mystérieux avait retenu mon attention pour son premier long-métrage, Vincent n’a pas d’écailles. C’était en 2014, au festival du film de Sarlat et à mon sens, c’était le meilleur film présenté en compétition. Un peu frustré de le voir partir sans prix mais surtout très envieux de mieux connaître ce réalisateur, j’ai découvert ses courts-métrages, dont Petits pas.

A son premier visionnage, j’avoue avoir été quelque peu démuni par ce que je venais de découvrir, un récit totalement différent de ce que l’on a l’habitude de voir. Je ne pouvais pas lui en vouloir d’être différent, au contraire. Après y avoir repensé assez longtemps, je l’ai vu plusieurs fois et je commençais à y trouver du sens. En lisant ses interviews, je comprenais enfin la véritable direction de ses films et j’ai pu profiter de l’ensemble de sa filmographie en regardant « dans le bon sens », avec un autre regard.

Dernièrement, j’ai lu Simplement nager, simplement filmer, une retranscription de 2h d’échanges entre Anthony Divad et le cinéaste Thomas Salvador. Il est question d’écrire et de filmer la simplicité, à travers ses courts-métrages et son long-métrage, sa perception de la vidéo, de l’amour, des trucages… Un réel plaisir de s’immiscer dans cette discussion, Thomas Salvador justifie ses films avec intelligence sans jamais aucune prétention, guidé par les questions intéressantes de Anthony Divad qui amène de nombreux sujets divers. Je me souviens d’une réplique que j’avais trouvé très belle, où le couple glisse l’un contre l’autre sur toute la longueur du corps avant d’ajouter « C’était la plus longue caresse du monde. » Dans leurs échanges, Thomas Salvador parle d’empathie, de l’importance de la mise en scène et s’amuse à comparer avec les « grands » super-héros comme Hulk, Superman ou Hancock qui selon lui ne sont pas crédibles car ils manquent de fragilité pour atteindre notre empathie.

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Court et fluide à lire, très instructif, Thomas Salvador livre ses réflexions sur ses œuvres, lui qui refuse de passer par le numérique pour nous surprendre tout en paraissant le plus juste possible : une jolie leçon de cinéma très inspirante, qui donne envie de découvrir ses futurs projets.

Écrit par : Anthony Divad – avec Thomas Salvador

Novembre 2018

64 pages ― 18,2 x 11,5 cm

Sombres torrents

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