Captain Marvel

©Marvel Studios 2019

Amnésique, Vers fait partie de l’armée Kree depuis 6 ans. En mission contre leurs ennemis de toujours les Skrulls, une race alien pouvant copier n’importe quelle apparence, elle va échouer sur Terre et faire d’étonnantes découvertes sur son passé… 

Captain Marvel Photo©Chuck Zlotnick ©Marvel Studios 2019

Sortant durant la pause qui sépare Avengers : Infinity War (avril 2018) d’Avengers : Endgame (avril 2019), Captain Marvel fait office d’épisode filler, prenant la forme d’un long flashback nous ramenant dans les années 90. On y découvre l’histoire de Vers, la super héroïne qui serait à l’origine de l’initiative Avengers et que l’on doit s’attendre à voir débarquer pour sauver le monde, la galaxie voire l’univers entier lors du (des) prochain(s) film(s).

Oui, car à vouloir enfin nous proposer un personnage féminin fort, Marvel Studios semble décider à ne pas faire dans la demi-mesure et nous propose ici une héroïne très puissante, trop peut-être pour le bien de son propre film et l’équilibre de son Univers. Au-delà d’une faiblesse, qui apparaît tout de même comme très artificielle, le personnage semble complètement dominer les antagonistes du film, ce qui efface tout sentiment de danger, et donc, toute implication émotionnelle de la part du spectateur. Ajoutez à cela des ennemis qui, en plus d’être trop faibles, n’ont d’autres motivations que la sempiternelle envie de dominer, et surtout le délibéré sabotage de la menace Skrull qui aurait pu nous tenir en haleine pendant plusieurs films pour, au final, être résolue en moins d’un seul, et vous obtiendrez quelque chose s’approchant d’un grand gâchis.

Mentionnons également le costume desdits Skrulls qui, s’ils ont le mérite d’être très fidèles aux originaux, vous rappelleront tout de même vos meilleurs après-midis Power Rangers (ou vos pires après-midis Dragon Ball : Évolution). Seule lumière au bout du tunnel, le rajeunissement par ordinateur des agents Fury (Samuel L. Jackson) et Coulson (Clark Gregg) est réussi, ce qui est une chance car leur simple présence apporte énormément au film, mais aussi à la cohérence globale de l’Univers Marvel, ce qui est toujours appréciable (on regrettera à cet égard que Coulson ne dispose pas de plus de temps à l’écran). Si cette interconnexion des films est l’une des marques de fabrique des productions Marvel/Disney, il en va de même pour son humour un peu lourd qui désamorce quasi systématiquement toutes les situations inquiétantes et autres twists du scénario, une tare que l’on retrouve ici multipliée par 10 chez quasiment tous les personnages, exception à nouveau faite de Samuel L. Jackson qui semble juste trop « cool » pour qu’une de ses blagues ne tombe à l’eau et entache la crédibilité de son personnage. Encore une fois, Marvel flirte avec la comédie d’action, voire avec la parodie super-héroïque par moment, ce qui peut constituer l’une de ses plus grandes forces lorsque ce mariage est correctement exécuté, mais peut aussi mettre en danger l’aspect tragique de l’oeuvre lorsqu’il est mal dosé. L’on pourrait argumenter que ce manque de subtilité se retrouve également dans le sous-texte féministe et « anti-Trump » du film, mais ces derniers auront quand même le mérite d’apporter un peu de consistance à l’oeuvre, ce dernier pouvant ainsi se targuer d’être au moins porteur d’un message positif et de revendiquer quelque chose.

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Ce qui aurait pu être un film de super-héros original, mêlant espionnage et space-opéra, tombe assez vite dans la recette classique (et pourtant mal maîtrisée) du film de super-héros traditionnel. Toute appréciable que soit la démarche d’avoir enfin une femme dans le rôle titre de l’un de ces films, cela ne suffit pas, à mon sens, à rendre l’objet filmique plus intéressant ou original, et ce ne sont pas les quelques incohérences et/ou facilités scénaristiques qui viendront me contredire. Marvel (le capitaine ET la firme) voulait s’imposer comme un pionnier et mettre des étoiles dans les yeux d’une génération de petites filles et, même si le film plaira et que le personnage finira par trouver son public, on ne peut s’empêcher de penser qu’une certaine Wonder Woman est arrivée deux ans plus tôt et s’en était tout de même mieux sortie. Celle qui est destinée à remplacer Captain America garde toutefois le potentiel de devenir une figure intéressante de l’univers Marvel, à la condition que sa démesurée puissance ne s’avère pas être un frein à la narration de ce dernier, et notamment lors des films chorals comme celui qui nous attend en avril prochain.

Réalisé par : Anna Boden et Ryan Fleck – avec Brie Larson, Samuel L. Jackson, Jude Law…

Date de sortie : 6 mars 2019

Etats-Unis – 2h04

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