Joker

©Warner Bros. Entertainment Inc. All Rights Reserved / Niko Tavernise

Jeune handicapé marginalisé par la société, Arthur Fleck rêve de devenir humoriste. Méprisé de tous, et notamment des puissants de ce monde, c’est la vie d’Arthur toute entière qui ressemble à une mauvaise blague ; mais un vent de folie souffle actuellement sur Gotham City, et son heure de gloire pourrait bien finir par arriver…

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©Warner Bros. Entertainment Inc. All Rights Reserved / Niko Tavernise

Lion d’or à la Mostra de Venise, des critiques dithyrambiques et déjà considéré comme un favori pour les Oscars 2020, que dire sur Joker qui n’ait pas encore été dit…

Ovni parmi les adaptations de comics, Joker se démarque avant tout par son ton. Oubliez les divertissements de 3 heures, perclus d’actions et d’effets spéciaux. On parle ici d’une production modeste d’à peine 2 heures, à mi-chemin entre le drame humain intimiste et le thriller psychologique. A ce titre, l’on peut déjà tirer notre chapeau à Joker pour nous dépeindre un portrait réaliste de la ville de New-York, bien qu’elle soit renommée ici Gotham pour les besoin du film. Loin du décor aseptisé et idéalisé que nous présente généralement Hollywood, New-York est ici présentée dans tout ce qu’elle a de violent, depuis ses rues crasseuses jusqu’à son métro malfamé.

Et voilà justement l’un des parti pris de ce Joker : raconter l’histoire de l’un de ces « weirdo » qui font la renommée du métro new-yorkais. Ces personnages, intoxiqués ou malades, au look et au comportement improbables, face auxquels vous préférez baisser les yeux parce qu’ils vous font peur ou vous font de la peine. Qui sont-ils ? Que font-ils lorsqu’ils rentrent chez eux ? Sont-ils dangereux ?

Dans le cas d’Arthur, il ne supporte plus d’être ce paria, cette statistique de plus dans un système déshumanisant, et souhaite devenir « quelqu’un ». A la recherche d’un père, d’une femme ou d’une grande carrière, Arthur cherche avant tout des points de repère qui l’encrerait dans cette réalité et l’aiderait à savoir qui il est vraiment, mais ce n’est paradoxalement que lorsqu’il s’affranchira de toutes ces conventions sociales qu’il se découvrira et renaîtra sous l’identité du Joker.

Ce rejet du système et des faux-semblants inspirera un mouvement de révolte à travers le pays qui apportera la dimension sociale du film, mise plus à l’honneur que jamais auparavant. Dans un débat toujours d’actualité, le film nous demande si l’emploi de la violence physique envers les puissants peut être considéré comme une légitime défense pour les oppressés du système.

Après un début relativement lent (et encore, on vous rappelle que vous n’êtes pas venus voir un film d’action…), le récit évolue ainsi crescendo jusqu’à atteindre des pics de tension dans les dernières séquences du film qui voient le soulèvement des « rats », des « ordures », de ces « clowns » qui peuplent Gotham City. Avec une attention particulière portée à la bande sonore du film, la folie qui envahit ainsi Gotham finit par ressembler à une douce musique, sur laquelle le Joker va peu à peu apprendre à danser…

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Alors que nous approchons à grands pas de l’année 2020, il apparaît désormais évident que Warner Bros et DC Comics ne rattraperont jamais Disney/Marvel en matière d’adaptation divertissement, et, quelque part, ce n’est plus dans ce registre qu’on les attend. A défaut de se hisser parmi les plus grands succès commerciaux, DC devrait (pour une fois) prendre les devants et s’imposer comme la marque des films de super-héros pour cinéphiles, ce qu’elle a toujours eu le potentiel de faire.

Batman (1989, Tim Burton), The Dark Knight (2008, Christopher Nolan) ou Joker (2019, Todd Phillips), ces adaptations du Joker au cinéma auront toutes connues d’immenses succès d’estime, s’imposant même comme les meilleurs films de super-héros de leur génération et redéfinissant les attentes du public pour les années à venir. En persévérant dans la voie du film d’auteur, DC commence à éveiller le potentiel multiple qu’offrent, à mon sens, les adaptations de comics au cinéma. Aller voir Joker, c’est ainsi encourager l’industrie à se diversifier d’une façon que, vous même, n’aviez peut-être pas imaginée, et rendre caduc tous les a priori que vous pouviez avoir sur l’adaptation de comics au cinéma…

Réalisé par : Todd Philips – avec Joaquin Phoenix, Robert De Niro, Zazie Beetz, Frances Conroy, Brett Cullen, Shea Whigham, Bill Camp, Douglas Hodge… 

Date de sortie : 9 octobre 2019

2h02 – États-Unis, Canada

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