Star Wars : l’Ascension de Skywalker

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Rey, une orpheline de la planète Jakku, est en passe de devenir Chevalier-Jedi. Formée par Luke et Leïa Skywalker, cette dernière est poursuivie par le Sith Kylo Ren, lui-même fils de Leïa et ancien apprenti de Luke. Alors que les deux jeunes gens semblent partager une mystérieuse connexion dans la force, un ancien Sith réapparaît et propose un marché à Kylo Ren…

Après un épisode 7 trop versé dans la nostalgie et l’humour, et un épisode 8 considéré comme trop sombre et peu respectueux de son héritage, cet épisode 9 est-il enfin celui qui va rétablir l’équilibre dans la saga ? La mission de ce nouvel opus semblait en effet ardue, le film devant à la fois raconter une histoire originale, conclure et donner du sens à une trilogie dont les deux premiers opus ont été globalement mal reçus, et ce, tout en nous permettant de faire nos adieux à la première génération de héros.

Commençons donc par voir ce qui ne concerne que le film en lui-même. Qu’il s’agisse des nouveaux décors ou des scènes de batailles proposées, tout est mis au service du grandiose et contribue à faire de ce film une nouvelle claque visuelle, comme on est en droit d’en attendre aujourd’hui de la part de Lucasfilm. Les dimensions d’épique et de cyclicité, pourtant déjà chères à la saga Star Wars, sont ici magnifiées dans un Blockbuster qui ne cache pas son attrait pour la démesure et le grand spectacle, le tout porté par un montage au rythme soutenu, trop peut-être diront certains)… Si l’histoire propre à ce nouvel opus sera accusée par ces mêmes personnes d’avoir quelques faiblesses, j’aurai davantage tendance à prendre un pas de recul et à apprécier ce qu’elle apporte au récit global de la saga. Nombre de points, considérés jusqu’ici comme des défauts de cette nouvelle trilogie, vont-ici être corrigés ou justifiés.

Des personnages sous-exploités tel que Poe Dameron ou les chevaliers de Ren deviennent ENFIN utiles au scénario (encore que cela manque toujours un peu de substance dans le deuxième cas) et l’utilisation faite de Luke, Leïa et d’Han semble bien plus cohérente avec les personnages que l’on a appris à connaître, en plus de s’accompagner d’un propos très juste et touchant sur les questions de famille et de filiation. On voit, à ce propos, l’une des phrases mythiques de la saga être recontextualisée pour ponctuer, de la plus belle des façons, une réflexion sur la complexité et la pudeur des relations père-fils (et non, il ne s’agit pas du fameux « Je suis ton père » …)

Star Wars L'Ascension de Skywalker Photo.png©The Walt Disney Company France

Enfin, les questions sur les origines de Rey et ses trop grandes prédispositions à manier la Force obtiennent finalement des réponses satisfaisantes (se permettant même de jouer avec les attentes des fans jusque dans les derniers instants du film) de même que l’apparente faiblesse de Kylo Ren et son incapacité à devenir le « nouveau Dark Vador ». Oui, car si beaucoup de fans se plaignent que Kylo Ren ne soit « pas à la hauteur de Dark Vador », ils sont encore bien peu à avoir compris que cela avait pû être fait à dessein, et que précisément, l’histoire qu’on leur racontait était celle d’un jeune homme qui n’arrivait pas, et n’arriverait probablement jamais, à égaler la légende qu’était son grand-père. Que l’on trouve la démarche intéressante ou pas, on ne peut que reconnaître l’audace d’un J. J. Abrams qui, reconnaissant certainement qu’il ne parviendrait jamais à créer un méchant égalant l’aura et la popularité de Dark Vador, décide d’assumer pleinement ce fait et même d’en faire une problématique diégétique du personnage qu’il créera à la place. Kylo Ren, ou la mise en abîme d’un auteur qui savait que les fans allaient se plaindre que son méchant n’était pas Dark Vador et qui du coup… a créé un personnage qui se plaint lui-même de ne pas être Dark Vador.

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Cela devait faire depuis la sortie de Batman V Superman que je ne m’étais pas retrouvé dans cette position, à savoir celle de défendre un Blockbuster massivement rejeté par les fans et nos camarades critiques d’Internet. Bien que cela m’ait déstabilisé durant quelques jours (allant jusqu’à me faire me demander si je ne devais pas reconsidérer mes goûts en matière de cinéma), je ne peux m’empêcher de garder le même sentiment vis-à-vis de ces films. En l’occurrence, j’y vois des œuvres aux subtilités relativement mal comprises et surtout, désavouées par des fans globalement trop fermés d’esprit pour voir ces univers, qu’ils connaissent déjà depuis des années, évoluer dans de nouvelles directions (rappelons que Star Wars et le premier Superman sont sortis à tout juste un an d’écart et qu’ils marquent ensemble la naissance du Blockbuster moderne à la fin des années 70). S’ils apparaissent bien souvent dans la glorification des films avec lesquels ils ont grandi (quitte à y laisser leur objectivité), gardons à l’esprit qu’une nouvelle génération va elle aussi grandir et aimer ces nouveaux films, ce qui me rend particulièrement heureux pour une raison très simple : Rey.

A une époque où l’industrie commence enfin à développer de nouvelles licences centrées sur des personnages féminins forts, Rey est à ce jour l’un des seul qui, en plus d’être bien écrit et d’avoir un excellent thème musical, ne m’ait pas donné l’impression d’être simplement là histoire d’avoir bonne presse ou d’exploiter quelques clichés sur les rapports hommes-femmes. Affranchie de tous stéréotypes (jamais sexualisée sans pour autant donner l’impression d’un tabou autour du corps de la femme, gentille mais comme n’importe quel Jedi et jamais au point d’être naïve…), Rey est un personnage de femme forte qui n’est sous estimée par personne, qui ne se sous-estime pas elle-même et qui donc ne donne pas le sentiment d’avoir quelque chose à prouver vis-à-vis de son genre. Il est ainsi agréable de voir que le film ne se sent pas obligé de justifier son personnage principal féminin par un propos sur le patriarcat. Le personnage principal est une femme, juste parce qu’il n’y a pas de raison que cela n’en soit pas une, et il est, à mon sens, bien plus fort de montrer un monde où cela n’étonne personne que l’être le plus puissant de la galaxie puisse être une femme, et où ce point n’a même pas besoin d’être soulevé. Oui, le sauveur de la galaxie est une femme, et ça ne change absolument rien, et donc ça change tout…

Réalisé par J.J Abrams – avec Daisy Ridley, Adam Driver, Oscar Isaac, Keri Russell, John Boyega, Billie Dee Williams, Carrie Fisher, Mark Hamill…

Date de sortie : 18 décembre 2019

États-Unis – 2h22

2 réflexions sur “Star Wars : l’Ascension de Skywalker

  1. « Oui, le sauveur de la galaxie est une femme, et ça ne change absolument rien, et donc ça change tout »
    Pour cette phrase et pour le reste de l’article, je défendrai aussi à la force du sabre laser cette magnifique conclusion signée Abrams.

    Aimé par 1 personne

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