Tenet

©Warner Bros. Entertainment, Inc. All Rights Reserved. / Melinda Sue Gordon

Un agent secret se voit confier pour mission d’empêcher une possible guerre avec un futur hostile ayant trouvé le moyen d’inverser le cours du temps pour des objets ou des personnes. Chargé d’arrêter leur contact dans le présent, une question s’impose au soldat : est-il le protagoniste de sa propre histoire ?

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©Warner Bros. Entertainment, Inc. All Rights Reserved. / Melinda Sue Gordon

Tenet sonne indéniablement comme un aboutissement dans la carrière de Christopher Nolan, en cela qu’il semble jouer sur toute l’expérience acquise par le réalisateur au fil de ses précédents projets. (Les scènes d’infiltrations et d’intervention anti-terroriste rappellent fortement ce que l’auteur avait déjà pu proposer sur sa trilogie Dark Knight, quand Inception l’a habitué à conceptualiser des films à la structure complexe dont les scènes d’actions peuvent défier les lois physiques de l’espace et du temps ; Dunkerke lui a appris à filmer des batailles rangées quand Interstellar, et dans une encore plus grande mesure Memento, lui ont permis de se faire la main sur la gestion des aller-retours temporels…).

Il résulte de tout ceci un film évidement maîtrisé, l’auteur faisant le choix de ne pas s’aventurer vers de nouveaux horizons et de s’en tenir à ce qu’il connait pour parfaire la proposition cinématographique jusque là exprimée à travers sa filmographie. Tenet est ainsi le film le plus « Nolannien » en date, ce qui doit s’entendre autant comme sa principale qualité que comme son principal défaut tant ce dernier doit parfois prendre garde à ne pas tomber dans la caricature de lui-même… Plus que jamais, l’auteur nous propose ici un film reposant sur un concept fort, le palindrome, offrant des possibilités de mises en scène presque infinies. Un concept si fort… qu’il en finirait presque par desservir le film.

D’une part, l’attention portée à cette idée de palindrome ne laisse que peu de place à un développement classique de personnages. À l’exception du protagoniste (?) qui laissera son charme naturel opérer sur le spectateur, on se surprendra à toujours mal connaitre ces personnages après 2 heures 30 de film, et à devoir en résumer certains à quelques vieux clichés cinématographiques (même vu comme une référence aux James Bond des années 80, l’archétype du mafieux russe qui veut détruire le monde conserve quelque chose de très désuet). D’autre part, le concept du film est si complexe et peu intuitif que ses longues explications laisseront sur le côté tout spectateur ne s’y étant pas préparé. J’en profite donc pour dire que, tout intéressant qu’il soit, Tenet n’est pas un film spécifiquement divertissant ou que l’on irait voir pour se détendre, l’assimilation de toutes ses mécaniques étant encore plus éprouvante pour le cerveau que ne pouvait l’être Inception en son temps. Reste à savoir si, comme pour ce dernier, les années et les re-visionnages nous permettront à terme d’apprécier cette oeuvre dans toute sa complexité…

Or, si pour l’instant certaines rouages du films peuvent se cacher derrière la possibilité d’une incompréhension de la part du spectateur, il reste une possibilité bien réelle que certains points ne fassent jamais réellement sens, tel que l’obscur utilité d’armes tirant à l’envers ou pourquoi le fait de remonter le temps soit, selon les situations, conséquent ou inconséquent sur le présent originel des personnages.

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Loin d’être exempt de tout défauts, Tenet s’assure notre estime de par ses impressionnantes scènes d’action pouvant (et devant) se lire dans les deux sens. Cette originalité seule lui vaudra légitimement la curiosité des cinéphiles en quête d’expériences cinématographiques nouvelles. Néanmoins, en échouant sur des aspects narratifs plus traditionnels et en ne parvenant pas à résumer son principe de manière concise et satisfaisante, il prend le risque de décourager la frange la moins patiente du public de Christopher Nolan…

Réalisé par Christopher Nolan – avec John David Washington, Robert Pattinson, Elizabeth Debicki, Dimple Kapadia, Aaron Taylor-Johnson, Himesh Patel, Clémence Poésy, Michael Caine…

Date de sortie : 26 août 2020

États-Unis – 2h30

Une réflexion sur “Tenet

  1. Ce film palindromique à tendance à devenir labyrinthique en effet. J’ai fait l’effort de le voir deux fois, mais certaines choses m’échappent encore, tels les points que vous évoquez en fin d’article. Je les laisse volontiers aux spéculateurs avisés, mais je reconnais ne pas avoir boude mon plaisir face à la mise en scène remarquable de Nolan. Il signé un film diablement rythmé, même encombré de quelques bavardages explicatifs fumeux, enrichi de scènes d’autant plus spectaculaires qu’elle ne doivent pas tout aux magiciens du numérique. Trop ambitieux sans doute, mais saluons l’audace.

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