Les Nouveaux Mutants

©Disney

Une bande de jeunes et puissants mutants, considérés comme dangereux pour la société, se trouvent internés dans la clinique du Dr Reyes. Alors qu’ils apprennent à se connaitre et à maîtriser leurs nouveaux pouvoirs, les cinq patients du centre vont commencer à remettre en question l’autorité et les réelles intentions du docteur. En quête d’émancipation, chacun devra faire face à sa plus grande peur et surmonter les traumatismes de son enfance s’il veut un jour pouvoir espérer quitter cet endroit.

©Disney

Maintes fois repoussées puis pris dans le rachat de la 20th Century Fox par Disney, The New Mutants semblait tout avoir du projet maudit qui ne verrai jamais l’ombre d’une salle de cinéma. Et pourtant, profitant de la disette de blockbuster que nous connaissons depuis début 2020, le film sort enfin, plus de deux ans après sa date de sortie initiale. Désormais distribué par Disney qui, rappelons-le, n’a jamais voulu se retrouver avec un tel film sur les bras, on serait légitimement en droit de se demander si la compagnie de Mickey Mouse croit au potentiel du film qu’elle nous propose. Pensé comme un huis-clos à connotations horrifiques, The New Mutants tranche radicalement avec la recette habituellement adoptée par la firme pour ses adaptations Marvel.

Cette proposition, que l’on aurait au moins pu qualifier d’originale en 2018, l’est malheureusement déjà bien moins en 2020, les sorties récentes de Brightburn, l’Enfant du Mal et de Mortal ayant déjà tenté, sans grand succès, l’association des genres horrifiques et super-héroïques. Comme ses prédécesseurs, The New Mutants échoue lui-aussi à créer un vrai sentiment de peur chez le spectateur et, vu comme l’exercice semble s’avérer complexe, l’on s’interroge sur la pertinence de confier un tel projet à Josh Boone plutôt qu’à des auteurs ayant des faits leurs preuves dans les deux disciplines concernées telles que Sam Raimi ou James Wan. L’expérience du réalisateur de Nos Étoiles Contraires n’est néanmoins pas inutile puisqu’elle lui permet de créer des dynamiques intéressantes entre ces adolescents que leur condition forcent à cohabiter, un terrain bien trop peu exploité dans les films originaux de la saga X-Men

Pire encore qu’avec Brightburn, l’Enfant du Mal ou Mortal, l’on ne peut éviter la comparaison avec le Glass de M. Night Shyamalan sorti l’an passé et qui, déjà avec Anya Taylor-Joy dans l’un des rôles principaux, nous proposait de suivre une poignée d’êtres hors-normes tentant de s’échapper d’un centre médical, le tout pour un résultat peut-être pas parfait mais tout de même plus convaincant que ce The New Mutants.

D’ailleurs, si nous évoquions l’hétérogénéité des genres du film qui commence comme un huis-clos d’horreur peu effrayant pour finir comme un film de super-héros relativement classique et faisant quelque peu fi des enjeux jusque-là mis en place, il est à noter que ce découpage à l’intérieur de l’œuvre a ses vertus. En effet, en concluant son histoire sur un mode de narration plus classique, le long-métrage permet de mettre en avant l’intérêt que nous aurions à voir évoluer certains de ces personnages en dehors de ce drame hospitalier. C’est justement le cas d’Illyana, le personnage d’Anya Taylor-Joy, dont le caractère, l’histoire familiale et la mise en scène des pouvoirs semblent offrir un grand nombre de possibilités si l’on devait un jour retrouver ces personnages, chose qui reste hautement improbable à l’heure actuelle.

Établissant une connexion avec le film Logan de 2017 (tout en restant très loin d’égaler sa qualité), The New Mutants semble en effet lui aussi destiner à ne pas connaitre de suites, et ce bien qu’il ait introduit de jeunes mutants attachants que l’on désirerait parfois retrouver dans la cadre de productions plus classiques de la franchise X-Men. Reste donc à espérer que Disney fera l’effort d’aller repêcher certains personnages de ces deux films hors continuité, pourquoi pas dans le cadre d’un Deadpool 3 qui permettrait à Illyana de rencontrer son grand frère (« Colossus ») et un semblant d’interactions Deadpool/ Wolverine avec la petite Laura introduite dans Logan… La seule certitude que l’on puisse avoir à ce jour c’est que, si la question d’un reboot de l’univers X-Men se pose très sérieusement chez Disney, ce n’est assurément pas sur la base de ce film que la compagnie va commencer à construire. Sortant avec deux ans de retard dans une relative indifférence, les « nouveaux » mutants semblent déjà être de l’histoire ancienne.

Réalisé par Josh Boone – avec Maisie Williams, Anya Taylor-Joy, Charlie Heaton, Henry Zaga, Blu Hint, Alice Braga, Happy Anderson…

Date de sortie : 26 août 2020

États-Unis – 1h33

Une réflexion sur “Les Nouveaux Mutants

  1. Bien triste évolution pour ces X-Men qui inaugurèrent sur grand écran le renouveau des super-héros Marvel sous la direction de Bryan Singer.
    Comme tu l’écris très bien, la perspective de mêler épouvante et super-héros était très intéressante. C’est d’ailleurs tout un pan des comics qui n’a toujours pas été exploré (je pense au personnage de Mephisto, au motard fantôme et ce n’est pas la peine de me citer le film avec Nic Cage, à Annihilus et la zone négative, à l’aventure des X-Men qui s’intitule « descente aux enfers », à l’arc lié aux sorcières de Salem via la gouvernante Agatha chez les FF, …). Quoiqu’il en soit, le Nouveaux Mutants n’étaient déjà pas de ma génération de lecteur, donc pas vraiment mon créneau. Je préfère les mutants canadiens de la Division Alpha.

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s