Africa Mia

©New Story
Le journaliste Richard Minier retrace l’incroyable et émouvante histoire du groupe Las Maravillas de Mali tout en poursuivant le projet fou de les faire un jour remonter sur scène.

Davantage réalisée dans une démarche journalistique que cinématographique, le long métrage de Richard Minier fait office de synthèse d’un long travail de recherches sur l’histoire du groupe Las Maravillas de Mali. Cette démarche étant ce qu’elle est, il s’agira pour le spectateur de se concentrer sur le fond en outre-passant quelques défauts formels.

Une partie importante des images du film ont été tournées à l’orée des années 2000, dans un format vlog qui souffre quelque peu de la comparaison avec ce que n’importe quel adolescent d’aujourd’hui peut faire avec son téléphone portable et un stabilisateur. Ici, l’on revient à la belle époque du format 4/3, avec quelques images floues ou de mauvaise qualité, filmées par une caméra parfois instable.

Concernant la mise en scène, l’on pourrait reprocher au réalisateur le fait de ne pas s’être effacé au profit de son sujet, quitte à parfois prendre le risque de s’écouter parler. Là encore, un tel choix nous renvoie peut-être davantage aux codes de la réalisation d’un reportage qu’à ceux généralement attribués au film-documentaire, et l’on en vient parfois à remettre en question le réel sujet du film : est-ce bien « L’histoire de Las Maravillas de Mali et leur possible reformation » ou « Comment le réalisateur Richard Minier découvre l’histoire de Las Maravillas de Mali et tente de les reformer » ?

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Néanmoins, et comme nous le disions en préambule, c’est en cessant d’ergoter sur la forme que nous pourrons apprécier la réelle proposition du film, à savoir la retranscription de 18 ans d’enquête sur la folle épopée de Las Maravillas de Mali. À travers une galerie de témoignages des principaux intéressés se tissent en filigrane l’histoire incongrue de ces dix jeunes maliens, sélectionnés pour participer à un programme d’échange avec Cuba dans les années 60, afin d’y recevoir une éducation gratuite en vue de devenir les premiers professeurs de musiques lettrés du Mali. Accueillis par Fidel Castro en personne, les musiciens nous racontent leurs années à Cuba, leurs relations avec l’ancien chef d’État et son camarade Ernesto « Che » Guevera, la formation de leur groupe et leur explosion comme symbole de la bonne entente entre l’île des Caraïbes et certains pays d’Afrique, mais aussi leur retour compliqué au Mali, sur fond de tensions politiques…

Cette « enquête » transcrit au final un travail de longue haleine effectué sur l’histoire d’un phénomène musical trop méconnu en France. Si elle doit malheureusement nous laisser sur un goût doux-amer, elle nous aura raconté une histoire passionnante sous de nombreux aspects, bien qu’il soit évident qu’un intérêt préalable pour la musique afro-cubaine et/ou pour l’histoire politique de ces pays constituera un plus non-négligeable pour quiconque voudrait en apprécier pleinement le contenu.

Réalisé par Richard Minier et Edouard Salier – avec Boncana Maïga

France – 1h18

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